Clôturer un cycle quand tout secoue : ce que mon fils m’a dit… et ce que ça a réveillé
Il y a des moments dans la vie où tu sens que tout ce que tu vis n’est pas juste un “passage”. C’est un bout de cycle qui se termine, qui gratte, qui secoue, qui remonte des couches que tu croyais avoir déjà traversées.
Et en cette fin d’année 9 – et de cycle de 9 ans – je prends la vague en pleine figure.
Récemment, mon fils de trois ans m’a regardée, avec sa petite voix douce, et m’a dit :
“Je veux vivre chez papa… je veux voir papa beaucoup-beaucoup… et maman un petit peu.”
Et honnêtement ?
À l’intérieur, ça a fait crac.
Pas un petit crac. Un crac profond, celui qui vient toucher des zones que t’aurais préféré éviter encore un peu.
Je vais être transparente : pendant quelques minutes, j’ai eu cette vieille pensée :
“Qu’est-ce que j’ai fait de mal ? Qu’est-ce que j’ai raté ?”
Celle qui t’arrache le ventre et te renvoie mille ans en arrière.
Mais une autre part de moi a pris le relais :
Non. Stop.
J’ai fait ce que je pensais juste.
J’ai agi avec amour, avec conviction, avec conscience.
J’ai donné le meilleur cadre que je pouvais.
Et s’il exprime ça aujourd’hui… c’est son ressenti du moment, pas la vérité absolue.
La vérité, c’est que ça fait mal. Mais ça ne veut pas dire que j’ai échoué.
Pendant longtemps, j’ai cru que si mon enfant souffrait, se rebellait ou me rejetait, c’est que j’avais raté un truc.
Le fameux discours du développement personnel mal digéré :
“Si ton enfant te renvoie ça, c’est que c’est ton trauma non résolu.”
On va respirer deux secondes.
Non.
Parfois un enfant réagit parce que… c’est un enfant.
Parce qu’il teste.
Parce qu’il cherche une limite.
Parce qu’il veut plaire à l’autre parent.
Parce qu’il vit sa propre tempête intérieure.
Parce que chez papa, c’est non-stop fête, bonbons, horaires libres et quatre-quatre dans le garage.
Ça ne raconte pas ma valeur.
Ça raconte son monde à lui.
Et même si je le comprends, même si je vois parfaitement ce qui se joue… ça n’enlève rien à la douleur sur le moment.
Le mécanisme de survie qui voudrait prendre les commandes
Quand il m’a dit ça, ma première réaction intérieure a été primitive :
“Rejette-le avant qu’il te rejette. Coupe avant de souffrir.”
Ah tiens, bonjour l’ancien mécanisme de survie.
Celui qui se déclenche plus vite que ma capacité d’analyse.
Sauf qu’aujourd’hui, je ne veux plus fonctionner comme ça.
J’ai choisi la vie, l’amour, le lien.
Pas le repli. Pas le froid. Pas la peur.
Alors oui, je vois ce réflexe toxique remonter…
Et non, je ne veux pas l’embarquer dans mon cycle de 2026.
Et puis il y a eu ça : le mensonge. Celui qui m’a achevée.
Le lendemain, en rentrant de l’école, mon fils me dit, tout tranquillou :
“Maman, elle tape toujours.”
Et là… j’ai eu un moment de déconnexion totale.
Comme si le sol se dérobait.
Parce que ce genre de phrase, il peut la répéter.
Et son père adore ce type d’histoires tordues, même sans queue ni tête.
Sur le moment, j’ai perdu pied.
Puis j’ai respiré.
Et un peu plus tard, alors que je cuisinais, il me demande :
“Pourquoi tu tapes (la cuillère sur la casserole) ?”
Ok. Il parlait de ça.
J’espère.
Mais il m’a fallu un moment avant de pouvoir en rire.
Le cadre chez moi… et l’absence de cadre ailleurs
Chez moi :
• un rythme,
• une école,
• des heures de sommeil,
• des limites,
• du respect du corps,
• des règles structurantes.
Chez son père :
• zéro contrainte,
• horaires libres,
• bonbons à volonté,
• cadeaux,
• distractions,
• ambiance “vacances perpétuelles”.
Je ne peux pas lui en vouloir de préférer la fête au cadre.
À trois ans, c’est logique.
Mais ce qui est difficile, c’est de maintenir un cadre quand l’autre parent défait tout derrière.
Ça, c’est le plus épuisant.
Les enfants de parents séparés ont cette arme-là : le chantage affectif
Tu lui refuses un bonbon ?
Hop : “Je vais aller chez papa.”
Tu mets une limite ?
Hop : “Chez papa, je peux faire ça.”
Tu dis non ?
Hop : “Je préfère vivre là-bas.”
C’est violent.
C’est déroutant.
Et parfois, dans ses yeux, j’ai l’impression de revoir son père.
Ce qui vient réveiller des souvenirs pas franchement doux.
Mais non :
Ce n’est pas génétique.
C’est du comportement d’enfant qui cherche sa sécurité.
Qui teste jusqu’où il peut aller.
C’est à moi de ne pas me braquer.
De ne pas confondre lui & son père.
De revenir au lien, à l’amour, au cadre sûr.
Je veux un prochain cycle léger. Je veux clôturer celui-ci proprement.
Je refuse d’emporter ces blessures, ces peurs, ces réflexes de survie dans le cycle qui arrive.
2026 sera autre chose.
Je veux un chapitre clair, aligné, apaisé.
Alors oui, je suis secouée.
Oui, la fin de cycle pique.
Oui, je me sens seule dans cette parentalité-là.
Mais je suis en train de chercher un psy pour Lucas, un espace neutre où il pourra parler librement.
Parce qu’un enfant a besoin d’un tiers neutre.
Pas d’un parent qui écoute avec sa propre histoire dans les oreilles.
Si toi aussi tu traverses une fin d’année qui remue… tu n’es pas la seule.
Peut-être que toi aussi, tu te prends des vagues émotionnelles sans comprendre d’où elles sortent.
Peut-être que ton enfant traverse un comportement qui te dépasse.
Peut-être que la vie t’oblige à lâcher des morceaux que tu aurais aimé garder encore un peu.
Je t’envoie du courage si tu es dans la tempête.
Et tu peux m’écrire, commenter, partager : qu’on traverse ça ensemble.
Parce que parfois, il suffit juste de ne pas être seule pour respirer à nouveau.
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